La carte


« Nous jurons solennellement que nos intentions sont mauvaises »

Harry Potter et le Droit ? La première impression de l’internaute arrivant sur le présent site, suite à une errance geekesque sur un moteur de recherche ou à un « clic » innocent sur un lien hypertexte, est sans doute que ses concepteurs sont animés par une forme (ou une autre) de folie juridique : « Quoi ? Les Chevaliers des Grands arrêts et le Droit international expliqué à Raoul ont décidé de lancer un projet en ligne sur Harry Potter et le droit ? Qu’est-ce qui leur est encore passé par la tête ? ». Ce constat établi, les tenanciers de ces nobles maisons pourraient être accusés d’être obsédés soit par le droit, soit par Harry Potter, alors qu’en réalité ils le sont par les deux (encore que l’adhésion à l’existence d’une lex magicus ait ses limites).

En bref, pourquoi créer un mini-site sur Harry Potter et le droit, voire, plus précisément, sur le droit dans Harry Potter ? Loin de prétendre construire une nouvelle forme de pédagogie juridique basée sur l’étude de l’œuvre de J.K. Rowling, le projet ici constitué n’a qu’un seul but : le plaisir (juridique) et surtout le partage d’idées (juridico-fictionnelles) ayant germé dans les esprits de nombreux universitaires et praticiens il y a bien longtemps.

En effet, ceux qui ont lu les sept tomes de la saga ou élucubré sur ses adaptations cinématographiques l’auront constaté : l’univers créé par l’auteure britannique ne se limite pas à la mise en application livresque d’un schéma narratif basique, tournant autour des thèmes que sont la quête initiatique, le surnaturel, les liens amicaux et familiaux ou le choix entre la facilité et la justice. Harry Potter s’intéresse aussi, en deuxième lecture, à l’évolution politique d’une société parallèle – la communauté des sorciers – au sein d’un monde contemporain similaire au nôtre. Cette communauté surnaturelle, organisée comme (presque) n’importe quelle autre société, a développé ses propres codes, pratiques, us et coutumes, mais aussi, plus formellement, ses propres sources et règles de droit, institutions et organes, modes de règlement des différends, sanctions, etc. Il est évident que l’ensemble de ces éléments peut faire l’objet d’une analyse juridique à la fois rigoureuse, stimulante et amusante, à l’intention de nos collègues et étudiants juristes (voire des autres). En somme, ce projet est un cadeau de Noël empoisonné, permettant selon le point de vue de faire du droit sous couvert de la saga Harry Potter ou d’étudier Harry Potter sous couvert du droit.

Harry Potter est d’ailleurs loin de constituer un sujet d’étude juridique inédit Un ouvrage collectif important est paru en langue anglaise en 2010 sous la direction de Jeffrey E. Thomas, Professeur à l’University of Missouri-Kansas City, et de Franklin G. Snyder, Professeur à la Texas Wesleyan University. Intitulé The Law & Harry Potter, il permet d’expliquer le droit anglo-saxon à la lumière des ouvrages de J.K. Rowling. Plus qu’une analyse approfondie des institutions et règles juridiques du monde des sorciers, cet ouvrage se veut avant tout un outil de vulgarisation de la Common Law à travers les péripéties des héros « potteriens » (voir à ce sujet la note de lecture de Jean-Baptiste Thierry sur son blog Sine lege).

De notre côté de l’Atlantique, des juristes francophones se sont également penchés sur les particularités juridiques du monde des sorciers. En 2012, Pierre Fressoz, Maître de conférences en droit public à l’Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse, a animé une conférence sur « Harry Potter et la magie du droit » dans le cadre des Journées européennes du patrimoine (voir à ce sujet le résumé de La Gazette du Sorcier). On retrouve également, sur le très bon blog www.unpeudedroit.fr, un article mettant en scène Harry Potter et ses amis dans un cours de droit civil du professeur Rogue, dans le cadre de l’actualité française du moment.

Encouragés par ces démarches, les deux blogs ont ainsi décidé de solliciter leurs nombreux confrères. Pour mener à bien cette nouvelle aventure, ils leur ont proposé d’écrire des contributions succinctes, de 2 ou 3 pages, sur un thème juridique de l’univers étendu du plus célèbre des sorciers. Bien entendu, il s’agit le plus souvent de poser les questions ou de suggérer quelques pistes d’analyse et de lancer ainsi la discussion. Vous êtes donc largement encouragés à commenter ces articles !

Pour faciliter la lecture, les notes de bas de page ont été bannies et vous retrouverez entre parenthèses les références aux livres ou aux films de la saga rédigées de la façon suivante.

Pour les romans :

  • Harry Potter à l’Ecole des Sorciers : ES.
  • Harry Potter et la Chambre des Secrets : CS.
  • Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban : PA.
  • Harry Potter et la Coupe de Feu : CF.
  • Harry Potter et l’Ordre du Phénix : OP.
  • Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé : PSM.
  • Harry Potter et les Reliques de la Mort : RM.

Pour les films, à la fin de chaque abréviation précédente est rajoutée la mention « -film ». Ainsi une référence au 5e film, Harry Potter et l’Ordre du phénix, sera rédigée de la sorte : (OP-film).

Les contributions seront publiées tout au long de l’hiver. Suivez les pages Facebook des Chevaliers des Grands Arrêts et du Droit international expliqué à Raoul pour être informé des dernières mises en ligne.

Bonne lecture !

« Méfait accompli ! »


Si vous souhaitez contacter les auteurs, vous pouvez leur envoyer un message via la page Contact du blog Le droit international expliqué à Raoul et celle du site Les Chevaliers des Grands Arrêts.

Une réflexion sur “Le projet

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